
Mouvements dans les Cabinets d'Affaires
Le baromètre PwC Legal Business Solutions des mouvements d’associés dans les cabinets d’avocats d’affaires en France en 2024 vient tout juste de paraître. Il révèle une diminution de 5 % des mouvements par rapport à la saison précédente. Quelque 406 mouvements d’associés ont été observés sur le marché français en 2024. Pas de record historique en vue puisque l’année 2023 avait comptabilisé 425 mouvements. Il s’agit donc même d’une diminution de 5 % par rapport à la saison précédente. À première vue, rien d’étonnant. La guerre aux portes de l’Europe, l’élection présidentielle américaine, la dissolution du Parlement français, l’augmentation vertigineuse des procédures collectives dans l’Hexagone, sont autant d’explications à la baisse de l’activité des cabinets d’affaires et donc au ralentissement du mercato. Les 406 mouvements comptabilisés se sont répartis entre 188 cabinets. En moyenne, chaque cabinet a recruté 2,1 associés, ce qui est en ligne avec la moyenne historique.
Les femmes progressent
La vraie performance pour 2024 ce sont les femmes. Elles sont 192 associées à avoir entrepris de changer de cabinet. Quelque 53 % des collaboratrices profitent de leur changement de maison pour devenir associées (+ 13 points par rapport à 2023). Une statistique qui dépasse, pour la première fois, celle des hommes (47 %). La vague féminine qui a été constatée depuis une petite quinzaine d’années dans les universités de droit est donc désormais en âge d’être associée. Contrairement à ce qui était prédit, toutes les femmes n’ont pas choisi de quitter la profession pour devenir juristes d’entreprises. Et outre les expertises historiquement très féminisées (en social, environnement, immobilier, IP/IT et NTIC/média), 2024 marque une féminisation accrue de l’ensemble des expertises. Même le corporate n’échappe pas à la tendance : la matière est ainsi passée de 28 % de femmes en moyenne historique à 37 % en 2024. Les politiques d’égalité entre les genres, qui ont pullulé depuis plusieurs années au sein des cabinets, sont sans aucun doute l’une des explications à cette tendance, mais la pause sur la diversité au profit de la compétitivité impulsée outre-Atlantique changera-t-elle la donne ?
Les jeunes cabinets attirent
Le changement de cabinet apparaît toujours comme la voie idéale pour devenir associé. Ce type de démarche représente d’ailleurs 39 % des mouvements en 2024 (+ 6 points par rapport à 2023). Sans surprise, 48 % de ces promotions verticales sont à destination d’une jeune structure (crée entre 2021 et 2024) et seulement un quart de ces mouvements sont à destination de ce que le rapport appelle « les cabinets historiques », c’est-à-dire ceux créés avant 2006. Ces derniers ont en effet davantage tendance à privilégier la voie de la cooptation interne, plutôt que de recruter en externe de jeunes associés. Lorsqu’ils recrutent, ils privilégient de surcroît des profils ayant déjà de l’expérience comme partners. Ceux-ci représentent 38 % des mouvements (contre 29 % en 2023). Les matières les plus recherchées sont le corporate M&A (17 % de la part totale des mouvements), le droit social (14 %), le contentieux (13 %). Signe des temps, le baromètre note également une croissance significative des mouvements en droit pénal des affaires, en droit international et en ESG/RSE.
Anne Portmann